Burundi–Algérie : l'entrejeu, le grand chantier de Hemdani
Trois créateurs, aucun récupérateur : au Burundi, le milieu algérien a manqué d'équilibre. Analyse d'une animation à repenser avant le Niger.
Un début de match à contretemps
Menée 2-0 après douze minutes à Bujumbura, l'Algérie a couru après le score pendant presque toute la rencontre. Les Verts sont revenus grâce à Mohamed Bachir Belloumi et Adil Boulbina, mais le nul (2-2) laisse une impression mitigée. Au-delà du résultat, c'est l'animation de l'entrejeu qui pose question.
Un trio sans équilibre
Hemdani avait reconduit son 4-3-3 avec Ibrahim Maza, Farès Chaïbi et Himad Abdelli au milieu, ce dernier remplaçant Adem Zorgane. Trois profils techniques, à l'aise balle au pied, mais aucun spécialiste de la récupération. Privé de Nabil Bentaleb, forfait, et de Hicham Boudaoui, le sélectionneur n'avait pas de sentinelle naturelle à aligner.
Résultat : les transitions burundaises ont trouvé des espaces, et la ligne défensive s'est retrouvée exposée dans les premières minutes. Hemdani lui-même a regretté deux buts évitables.
Chaïbi, un rôle qui ne lui convient pas
Le cas Chaïbi cristallise le débat. Sur beIN Sports, les consultants ont jugé à l'unanimité que son utilisation en relayeur était une erreur de casting, héritée de l'ère Petkovic. Djamel Benlamri est allé plus loin, estimant que le joueur de l'Eintracht Francfort avait livré un mauvais match. Son but contre son camp n'a rien arrangé.
Et soyons francs : Chaïbi n'est pas un relayeur chargé de fermer les espaces. Son talent s'exprime plus haut, dans les trente derniers mètres, là où Maza occupe déjà le rôle de meneur. Les aligner ensemble dans une ligne de trois revient à doubler un profil et à en oublier un autre.
Face au bloc bas, peu de solutions
Une fois devant, le Burundi a reculé pour protéger son avantage. Hemdani l'a reconnu : les Verts ont eu le ballon, mais n'ont pas été assez tranchants et n'ont pas utilisé les côtés comme face à la Zambie. Le milieu a fait circuler sans accélérer, avec peu de projections vers les ailes et peu d'appels dans le dos. Le retour au score est d'ailleurs passé en partie par un coup de pied arrêté plutôt que par une construction maîtrisée.
Les pistes pour la suite
Le problème ne date pas de Hemdani. Depuis le départ d'Adlène Guedioura, la sélection cherche un véritable milieu défensif. Le paradoxe est que le nouveau sélectionneur a renouvelé l'entrejeu avec des profils créatifs, au risque de déséquilibrer l'ensemble.
Abdelouahab Satta, que Hemdani connaît depuis les Jeux méditerranéens, possède certaines qualités recherchées. Mais le jeune milieu du MC Alger manque encore d'expérience à ce niveau. Le retour de Bentaleb ou de Boudaoui reste la solution la plus immédiate.
Une chose est certaine : sans un joueur capable de tenir le milieu et de libérer les créateurs, l'Algérie continuera d'alterner le bon et le moins bon d'un match à l'autre.
Le Niger comme terrain d'essai
L'amical contre le Niger, mardi à Tizi Ouzou, offre l'occasion de tester une autre organisation : un milieu à deux, un vrai récupérateur, ou Chaïbi dans un autre rôle. Avec l'absence probable d'Abdelli, Hemdani sera de toute façon contraint de revoir sa copie.
Le jour où l'entrejeu des Verts trouvera son équilibre, le talent offensif de cette génération pourra enfin s'exprimer sans exposer la défense.
*Sources : Foot Africa, Afrik-Foot, La Gazette du Fennec, TSA, DZ Ballon, Afrique Sports.*
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