Burundi-Algérie (2-2) : les notes des Verts
Maza et Belloumi surnagent, Chaïbi et Abdelli sombrent, Bensebaïni inquiète. Les notes d'une équipe d'Algérie qui a longtemps souffert face au Burundi.
Un après-midi stressant, un point arraché et beaucoup de questions. À Bujumbura, pour la 2e journée des éliminatoires de la CAN 2027, l'Algérie a concédé le nul face au Burundi (2-2), après avoir été menée 2-1 à la pause. Voici les notes de la rédaction.
Melvin Mastil — 5,5
Mastil a eu le mérite de s'imposer dans les airs, où son grand gabarit lui a permis de sécuriser plusieurs ballons chauds. Il s'est aussi montré à la hauteur sur un arrêt décisif, même si l'attaquant burundais était en position de hors-jeu. Mais son après-midi reste terni par le contre-son-camp de la 5e minute. Chaïbi en est le premier fautif, mais Mastil porte sa part de responsabilité : mal placé, il aurait dû se rendre disponible alors que son coéquipier était en difficulté. Rien dans cette prestation ne permet d'affirmer qu'il s'impose comme le gardien titulaire. Il faudra voir Remdani et Bellazoug à l'œuvre avant de trancher.
Redouani — 5,5
Difficile de reprocher un manque d'envie à Redouani. On sent un joueur qui se donne à 100 % et qui s'est battu jusqu'au coup de sifflet final. Mais l'engagement ne suffit pas à ce niveau. Ses lacunes de placement ont été exploitées à plusieurs reprises, et il s'est laissé déborder plus d'une fois sur son côté. Dans une défense déjà fébrile, ces approximations ont pesé lourd. Un après-midi difficile, sauvé en partie par son état d'esprit.
Abada — 6
Abada a répondu présent dans les duels aériens. Techniquement, en revanche, on sent clairement ses limites : dans le contrôle de balle, ce n'est pas Pirlo. Mais il s'est donné à fond, comme à son habitude, et pour un joueur issu du championnat local, il n'a pas à rougir de sa prestation.
Ramy Bensebaïni — 4,5
Bensebaïni a mis énormément de temps à entrer dans son match, et ce retard à l'allumage a coûté cher. Sur le deuxième but, il est directement fautif : mauvaise lecture de la trajectoire du ballon, puis un dégagement manqué qui offre l'occasion à Girumugisha. On l'a senti lourd, et surtout pas assez volontaire dans son rôle de capitaine. Il n'avait déjà pas rassuré face à la Zambie, et cette sortie confirme une tendance inquiétante, celle d'un joueur en déclin. Quelques interventions à son actif, mais ce n'est pas assez pour un joueur de son calibre.
Jaouen Hadjam — 6
Hadjam a fait du Hadjam. Offensivement, il a été l'un des rares à apporter quelque chose : capable de transpercer la défense sur son côté, il remonte bien les ballons. Mais il continue de pécher par excès, en s'entêtant à garder le ballon et à vouloir sortir proprement là où il serait préférable de jouer la sécurité. En bon défenseur, il doit apprendre à anticiper la perte de balle. Intéressant vers l'avant, encore perfectible défensivement.
Himad Abdelli — 3,5
Abdelli n'est clairement pas dans une condition physique optimale, et le décalage avec le niveau international devient préoccupant. Avec Chaïbi, il est le point noir de cette équipe. Il a bien combiné à quelques reprises avec Maza en début de match, mais ces éclairs sont restés sans lendemain. Trop fébrile, trop peu présent dans les deux phases de jeu, il n'a jamais réussi à exister au milieu. Ce n'est pas l'image que l'on se fait d'un milieu censé prendre le jeu à son compte. Sorti sur blessure en début de seconde période, il a été remplacé par Zorgane, meilleur que lui mais toujours aussi limité. Il faudra chercher d'autres profils dans ce secteur.
Farès Chaïbi — 3
Une prestation à oublier, et ce dès la 5e minute. En marquant contre son camp, Chaïbi a plongé les Verts dans la difficulté avant même qu'ils soient entrés dans leur match. La suite n'a rien arrangé : il n'a jamais apporté ce que l'on attend d'un numéro 10, un maillot qui semble aujourd'hui trop grand pour ses épaules. Chaïbi se montre par intermittence, et une sélection qui vise haut ne peut pas se reposer sur un rendement aussi irrégulier. Il ne doit plus être un titulaire à part entière.
Ibrahim Maza — 7
Encore une fois, Maza a été la touche technique supérieure de cette équipe, avec une belle entente avec Belloumi, l'une des rares connexions qui ont fonctionné cet après-midi. Mais il aurait pu apporter davantage. Il pèche toujours par son manque d'efficacité : à plusieurs reprises, il s'est retrouvé en bonne position de tir sans prendre sa chance, et il a délivré quelques passes imprécises. Face au Burundi, ces approximations passent. Face à des équipes d'un autre calibre, elles coûteront cher. L'absence d'Anis Hadj Moussa, avec qui il combine si bien, lui a manqué. Mais une chose est certaine : on est content de l'avoir.
Bachir Belloumi — 7,5
Belloumi n'a pas peur de prendre ses responsabilités. Il ne lui a fallu que deux matchs pour inscrire son premier but en sélection, un but qui a remis les Verts dans le match au moment où tout semblait leur échapper. Il a même eu quasiment la même occasion que face à la Zambie, mais sa frappe est passée à côté. Pour devenir vraiment décisif, il devra travailler sa justesse, mais aussi son repli défensif et son soutien à son latéral. Reste qu'avec Maza, il a été le meilleur d'une équipe d'Algérie qui nous a fait passer un après-midi stressant.
Adel Boulbina — 6
Boulbina a signé l'égalisation sur un superbe coup franc, que Chaïbi n'a pas tiré, pour notre plus grand bonheur. Souvenez-vous : dans notre émission, nous avions évoqué le rôle de Chaïbi sur les coups de pied arrêtés, et affirmé que Boulbina était meilleur dans cet exercice. Ce match nous a donné raison. Pour le reste, sa prestation n'a pas été à la hauteur des attentes. Il n'a quasiment pas existé dans le repli défensif et n'a que moyennement rempli son rôle d'attaquant gauche. Mais il possède cette qualité de finisseur si précieuse à ce niveau. La fin de match aurait d'ailleurs pu lui profiter, s'il n'était pas sorti, injustement, peu après son but.
Amine Chiakha — 4
On ne l'a quasiment pas vu. Chiakha ne s'est procuré aucune occasion et n'a jamais pesé sur la défense burundaise. On lui reconnaîtra sa volonté dans l'effort : il a lancé plusieurs pressings, mais sans jamais être suivi par ses coéquipiers, à croire qu'il n'y a pas d'entraîneur pour travailler ce genre de choses. En l'absence de Gouiri, il avait une carte à jouer, et il n'a pas su saisir sa chance. Il lui faudra gagner en expérience avant de le voir inscrire son premier but en sélection.
Les remplaçants
Entré à la place d'Abdelli, Zorgane s'est montré meilleur que lui, sans pour autant faire oublier ses limites. Amoura n'a pas su profiter des quelques occasions qui se sont présentées à lui. La vraie satisfaction est venue d'Aouchiche, auteur d'une entrée très intéressante : nettement plus vif et plus inspiré qu'Abdelli et Chaïbi, il mérite qu'on le revoie. Bekrar, lui, a été invisible, hormis une petite action de la tête. Quant à Kebbal, il n'a pas eu le temps de s'illustrer, mais il a apporté de la vivacité en fin de match.
Et soyons francs... ce tableau de notes dit tout. Deux joueurs au-dessus de 7, un milieu en perdition et un capitaine en difficulté. Le jour où cette équipe retrouvera un vrai collectif, les individualités comme Maza et Belloumi pourront enfin faire la différence au lieu de colmater les brèches.
*Sources : Foot Mercato, LiveFoot, AfricaFootUnited.*
Réactions (1)
On est loin du haut niveau ! Faut faire le ménage.





