Brahimi ferme la porte des Verts avec élégance
Interrogé sur un retour en sélection, Yacine Brahimi a répondu sans détour : place aux jeunes. Une réponse pleine de classe d'un champion d'Afrique 2019.
Il y a des réponses qui en disent long sur un homme. Interrogé sur un éventuel retour en équipe nationale, au micro de Sporteam après un match d'Al-Gharafa, Yacine Brahimi n'a pas cherché à entretenir le suspense. Pas de porte entrouverte, pas de message codé au nouveau staff. Juste une phrase simple, et beaucoup de classe.
« Il faut laisser la place aux jeunes »
« La sélection n'est pas un objectif pour moi actuellement. Il faut laisser la place aux jeunes, car nous avons une nouvelle génération talentueuse », a expliqué le milieu offensif de 36 ans. Avant d'ajouter, à l'adresse de Brahim Hemdani et de son équipe : « J'espère que le nouveau staff technique fera du bon travail, car il dispose de très bons joueurs. »
Le message est clair. Brahimi se dit heureux au Qatar, où il continue d'évoluer à Al-Gharafa, et se place désormais dans le rôle de supporter. Sa dernière apparition avec les Verts remonte à juin 2024.
Une rumeur éteinte en deux phrases
Son nom circulait pourtant depuis l'arrivée de Brahim Hemdani sur le banc algérien. Nouveau sélectionneur, nouvelle ère, et forcément des interrogations : fallait-il rappeler des anciens pour encadrer un groupe profondément renouvelé après le Mondial 2026 ? Le nom de Brahimi revenait régulièrement dans les discussions des supporters.
L'intéressé a coupé court. Et soyons francs... beaucoup d'anciens internationaux, à sa place, auraient laissé planer le doute. Une réponse vague, un « on verra », un « je reste à disposition » : il n'en fallait pas plus pour alimenter les spéculations pendant des semaines. Brahimi a choisi l'inverse, en laissant le terrain à ceux qui arrivent.
Un héritage qui parle pour lui
Il faut dire que l'homme n'a plus rien à prouver avec la sélection. Formé en France, passé par le Stade Rennais puis le FC Porto, Brahimi a porté le maillot vert pendant plus d'une décennie. Il faisait partie du groupe sacré champion d'Afrique en 2019 en Égypte, et a remporté la Coupe arabe de la FIFA en 2021 au Qatar. Pour toute une génération de supporters, il reste ce technicien capable d'éliminer deux joueurs dans un mouchoir de poche, avec cette élégance balle au pied qui a fait sa réputation au Portugal.
C'est peut-être aussi ce qui donne du poids à ses mots. Quand un joueur de ce calibre affirme que la relève fait « du très bon travail », ce n'est pas une formule de politesse. C'est un regard de connaisseur sur un groupe qui vient d'ouvrir l'ère Hemdani par une victoire contre la Zambie (3-1).
Un exemple pour la suite
La sélection algérienne traverse une période de transition. Riyad Mahrez et Aïssa Mandi ont pris leur retraite internationale après le Mondial, d'autres cadres ont laissé leur place, et une nouvelle hiérarchie se construit autour de Ramy Bensebaïni. Dans ce moment-là, la manière dont les anciens accompagnent le changement compte presque autant que les choix du sélectionneur.
Une chose est certaine... en refusant de devenir un sujet, Brahimi rend service à l'équipe nationale. Il évite au staff une polémique inutile et laisse les jeunes avancer sans pression supplémentaire.
Le jour où cette nouvelle génération soulèvera un trophée, elle pourra se souvenir qu'un champion d'Afrique lui avait laissé la place avec le sourire.
*Sources : La Gazette du Fennec (entretien Sporteam), Foot Afrique, Afrik-Foot.*
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