Affaire Aït-Nouri : Saïb était-il dans son rôle ?
Depuis l'incident face à la Zambie, beaucoup reprochent à Moussa Saïb de s'être mêlé du cas Aït-Nouri. Pourtant, sa mission officielle dit tout l'inverse.
Depuis vendredi, une image circule en boucle : Moussa Saïb, au bord du terrain du stade Hocine-Aït-Ahmed, tentant de calmer un Rayan Aït-Nouri hors de lui. Sur les réseaux, beaucoup de supporters estiment que le manager général n'avait pas à se mêler de la situation, et encore moins d'un remplacement. La critique mérite qu'on s'y arrête, faits à l'appui.
Ce qui s'est réellement passé
Selon le récit de La Gazette du Fennec, Brahim Hemdani a d'abord demandé à Aït-Nouri d'accélérer son échauffement alors que l'Algérie menait 1-0. L'égalisation zambienne a ensuite poussé le sélectionneur à revoir ses plans et à procéder à d'autres changements. Quand Hemdani a de nouveau sollicité le latéral, celui-ci a refusé, prenant la demande comme un manque de respect.
C'est à ce moment que Saïb intervient. Il s'approche, pose la main sur le joueur pour tenter de le calmer. Aït-Nouri esquive le geste et continue de protester. Plusieurs joueurs s'en mêlent également pour ramener le calme. Autrement dit, ce n'est pas Saïb qui a décidé du changement ni demandé au joueur d'entrer : la décision venait du sélectionneur, et le manager est intervenu une fois la tension installée.
Ce que dit sa fiche de poste
Lors de sa nomination, la mission confiée à Moussa Saïb a été clairement définie : il est « chargé d'assurer le lien entre les joueurs, le staff technique et la Fédération ». Le poste de manager général n'est pas un titre honorifique. Il existe précisément pour gérer l'humain, désamorcer les frictions et protéger le sélectionneur, afin que celui-ci reste concentré sur le match.
Et soyons francs... si Saïb n'était pas intervenu, qui l'aurait fait ? Hemdani, en plein match, occupé à relancer son équipe après l'égalisation ? Laisser un joueur vociférer seul au bord du terrain, sous les yeux des caméras et du public, aurait été bien pire pour l'image du groupe.
Une légitimité qui ne se discute pas
Ancien capitaine des Verts, champion d'Afrique en 1990, passé par Auxerre et Tottenham, puis entraîneur titré avec la JS Kabylie en 2008, Saïb connaît le vestiaire mieux que quiconque. Son profil a justement été choisi pour faire le pont entre des internationaux formés en Europe et l'institution. On peut discuter de la manière, du geste, du moment. On ne peut pas lui reprocher d'avoir fait ce pour quoi il a été recruté.
Le vrai sujet reste ailleurs
Une chose est certaine : ce n'est pas l'intervention de Saïb qui a provoqué la sanction. C'est le refus d'un joueur d'obéir à une consigne de son sélectionneur. La FAF l'a confirmé samedi : Hemdani a décidé de libérer Aït-Nouri du stage. Le staff a parlé d'une seule voix, et c'est peut-être le message le plus important de cette affaire.
Le jour où chacun dans ce staff sortira de son rôle, il faudra s'inquiéter. Vendredi, Moussa Saïb est resté exactement dans le sien.
*Sources : La Gazette du Fennec, Afrik-Foot (d'après El Khabar), Algérie360, FAF, Wikipédia*
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