Burundi : l'analyse complète de l'adversaire des Verts
Battu au Togo mais loin d'avoir sombré, le Burundi reçoit l'Algérie mardi à Bujumbura. Effectif, staff, système : ce que les Verts doivent savoir.
Sur le papier, tout plaide pour l'Algérie. Le Burundi pointe au 142e rang mondial, n'a disputé qu'une seule CAN dans son histoire (2019, trois défaites sans marquer) et n'a jamais battu les Verts. Mais les Hirondelles ont montré au Togo, vendredi, qu'elles ne voyageaient pas pour faire de la figuration. Mardi à 14h (heure algérienne), au stade Intwari de Bujumbura, elles joueront devant leur public avec l'obligation de réagir.
Un banc enfin stable
Longtemps, le Burundi a changé d'entraîneur au rythme des crises. Olivier Niyungeko, Joslin Bipfubusa, Jimmy Ndayizeye puis Étienne Ndayiragije se sont succédé entre 2016 et 2024. Le départ de ce dernier était intervenu dans un climat tendu, après qu'un international, Mohamed Amissi, eut publiquement refusé de jouer sous ses ordres.
Depuis octobre 2024, c'est Patrick Sangwa Mayani qui tient les rênes, avec un contrat initial de deux ans et un objectif clair : qualifier le pays pour la CAN 2027. Il s'appuie sur un staff renforcé, avec les Belges Serge Sarlette (adjoint) et Arnaud Fransquet (gardiens), ainsi qu'un analyste vidéo. Deux ans de continuité, c'est peu à l'échelle du football, mais beaucoup pour cette sélection. Le tour préliminaire l'a confirmé : le Tchad a été balayé (4-0 à N'Djamena, 4-1 au retour).
Les joueurs à surveiller
Le cœur du jeu s'appelle Youssouf Ndayishimiye. Le milieu de l'OGC Nice est la référence de l'effectif et l'un des rares à évoluer dans un grand championnat européen. Derrière, le capitaine Frédéric Nsabiyumva dirige la défense. Devant, Saïdi Ntibazonkiza, vétéran de Vital'O et dépositaire du jeu, reste le meilleur centreur de l'équipe. Il faudra aussi garder un œil sur Bonfils Bimenyimana et Jean-Claude Girumugisha en attaque, ainsi que sur Jordi Liongola, buteur face au Tchad.
Un 4-3-3 qui ose
Au Togo, Sangwa a aligné un 4-3-3 avec un milieu à trois (Mpawenimana, Ndayishimiye, Mokono) et un trio offensif Ntibazonkiza, Bimenyimana, Girumugisha. Pas de bus garé devant la surface : le Burundi a cherché à jouer.
Ses points forts sont apparus clairement. D'abord le jeu aérien : Ndayishimiye (27e) puis Mpawenimana (54e) ont eu des balles de but de la tête, la première sur un centre de Ntibazonkiza. Ensuite la capacité à monter en puissance : après la pause, les Hirondelles ont poussé, Girumugisha a tenté sa chance et Élie Mokono a trouvé la barre (50e).
Et soyons francs... un adversaire qui frappe la barre à Lomé et termine le match en poussant n'a rien d'un faire-valoir. Chez lui, en pleine journée, il sera plus dangereux encore.
Des failles bien réelles
Les faiblesses sont tout aussi nettes. La finition, d'abord : malgré plusieurs situations franches, le Burundi n'a pas marqué. La première période, ensuite : l'équipe a encaissé dès la 17e minute, sur une frappe de Karim Dermane, avant d'entrer réellement dans son match. Enfin, en voulant jouer, le bloc s'expose. Face à la vitesse de Hadj Moussa ou à la créativité de Maza, les espaces laissés dans le dos des latéraux pourraient coûter cher.
Une chose est certaine : les Verts ont tout intérêt à frapper tôt, avant que le public et la chaleur ne portent les Burundais. Et à soigner les coups de pied arrêtés défensifs, là où le danger semble le plus réel.
Le jour où l'Algérie abordera ce type de déplacement avec le sérieux d'un grand rendez-vous, elle cessera de laisser des points dans les matchs dits faciles.
*Sources : Foot.tg, Africa Top Sports, YSScores, AfricaFoot, Burundi Eco, allAfrica, Wikipédia, AfricaFootUnited, TSA*
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