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Les notes d'Algérie – Zambie : Chergui impérial, Maza magicien

Chergui patron surprise, Maza étincelant, une attaque qui interroge : les notes et le décryptage joueur par joueur de la première de l'ère Hemdani.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··⏱ 7 min·👁 3584802 vues
Les notes d'Algérie – Zambie : Chergui impérial, Maza magicien

Premier match de l'ère Hemdani, premières notes. Entre un départ canon, une frayeur zambienne et un final maîtrisé, la victoire de Tizi Ouzou (3-1) a livré son lot d'enseignements. Voici le verdict de la rédaction, joueur par joueur.

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Ibrahim Maza
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Mastil — 7

Une première à Tizi Ouzou sous le signe de la sobriété. Rarement sollicité, le portier de Lausanne-Sport n'a pas eu l'occasion de sortir le grand jeu, et il serait prématuré de le juger sur une soirée aussi tranquille. Sur le but de Sakala, il ne peut rien : l'action le laisse seul face au danger après l'élimination de Redouani et Belloumi. Pour le reste, une copie propre — un jeu au pied correct dans la première relance, une présence rassurante dans les airs où son mètre 94 pèse déjà, et le sang-froid d'un gardien qui a attendu son heure. À confirmer dans des soirées plus agitées.

Redouani — 6,5

Pour sa première titularisation, le latéral de l'USM Alger a rendu une copie correcte, fidèle à son profil : un défenseur de l'ombre, appliqué, qui exécute les consignes sans chercher la lumière. Son centre à la première période, parfaitement dosé, aurait mérité meilleur sort. Reste ce moment qui pèse : sur l'égalisation, il se laisse éliminer côté intérieur, là où un défenseur de métier aurait orienté son vis-à-vis vers l'extérieur, loin du but. On lui pardonnera au vu du score final — et parce que cette égalisation a eu le mérite de réveiller l'équipe. Le représentant de la Ligue 1 Mobilis dans ce onze a des arguments ; il lui reste à gommer ce genre de détail pour s'installer.

Chergui — 9

La satisfaction de la soirée. Aligné d'entrée dans la charnière, le défenseur du Paris FC a rendu une copie parfaite : toujours le bon timing et le juste niveau d'engagement sur ses interventions, une lecture qui lui a permis d'anticiper la plupart des offensives zambiennes, et cette sérénité qui a gagné toute l'arrière-garde. Balle au pied, son passé de milieu formé à Auxerre se voit — relance propre, aucune précipitation. Il apporte surtout ce qui manquait tant à ce poste du temps d'un Mandi souvent décrié en fin de cycle : de la sérénité et de la vitesse. On lui souhaite désormais une saison pleine avec son club, loin des blessures qui l'ont trop freiné : si la continuité suit, l'Algérie tient peut-être son nouveau patron de la charnière.

Bensebaïni — 6,5

On attendait davantage d'un capitaine pour cette première sortie de l'ère Hemdani à domicile. Le défenseur de Dortmund a fait son travail — présence dans les duels, expérience mise au service d'une charnière inédite où il a eu le mérite d'encadrer Chergui — mais sans jamais prendre le match à son compte comme son nouveau statut l'exige. Et il y a eu ces quelques oublis : les Zambiens ont joué à plusieurs reprises dans le dos du côté gauche, surprenant nos deux gauchers, Hadjam et lui, sur des ballons pourtant lisibles. Un patron de défense doit sentir ces coups-là avant tout le monde, c'est même à ça qu'on le reconnaît. Match correct, brassard encore à habiter.

Hadjam — 7

Il restera comme le premier buteur de l'ère Hemdani — 90 secondes de jeu, et ce ballon poussé au fond après le service d'Amoura. Paradoxalement, sa soirée défensive a mal commencé : quelques relances hasardeuses dans un début de match fébrile, avant qu'il ne se remette dans le rythme. Ensuite, on a retrouvé le Hadjam qui monte en puissance depuis son transfert en Premier League : une conservation de balle précieuse sous pression et des percées vers l'avant qui ont fait respirer toute l'équipe. Un match satisfaisant dans l'ensemble, avec un axe de progression clair : gagner en rigueur défensive, et mieux juger ces situations où un dégagement vaut mieux qu'une conservation à risque. On attend encore plus de lui — parce qu'il en a les moyens.

Zorgane — 5,5

Correct, sans plus. Le milieu de l'Union Saint-Gilloise a assuré le service minimum à la récupération, et on retiendra ses deux belles transversales vers Amoura à la première période, dans le vrai registre du métronome. Mais son principal défaut a encore sauté aux yeux : le manque de vitesse dans l'exécution, cette touche de balle de trop avant de lâcher le ballon qui casse le tempo des transitions. Un profil aussi peu véloce que le sien n'a qu'une issue au plus haut niveau : être techniquement irréprochable, à l'image d'un Busquets qui a régné sur ce poste sans jamais courir vite. On peine à voir en lui le titulaire de cette équipe — il profite surtout de l'absence de Titraoui, auteur d'un superbe début de saison avec le RC Lens.

Chaïbi — 6,5

Une soirée à l'image de son statut actuel : sérieux, appliqué, mais en dedans de ce qu'on attend d'un joueur de Francfort. Le milieu a respecté les consignes à la lettre et aurait mérité de voir sa deuxième période récompensée d'un but. Reste ce coup franc complètement manqué à la première période, au point qu'on se demande pourquoi c'est lui qui hérite des coups de pied arrêtés dans cette équipe. Dans la hiérarchie du milieu, il se situe un cran au-dessus de Zorgane, mais encore loin de l'influence d'un Maza. C'est bien là le sujet : avec sa qualité, on attend qu'il pèse sur le jeu, pas seulement qu'il l'accompagne.

Maza — 8

La touche technique qui fait naître nos attaques. C'est lui qui lance l'action de l'ouverture du score dès la 2e minute — récupération et projection immédiate, avant le service d'Amoura pour Hadjam — puis il s'offre le but du 2-1, encore sur un ballon d'Amoura. Son caviar pour Amoura méritait un meilleur sort, et sur le but du break, il régale d'une talonnade de sang-froid pour lancer Hadj Moussa. À l'aise balle au pied dans les petits espaces, il se retourne vite et s'oriente immédiatement vers le but — c'est cette verticalité naturelle qui a donné le tempo des transitions. Il pèche encore parfois par excès de combinaisons, là où un tir ou un centre s'impose, et sa finition reste perfectible : ça passe face à la Zambie, mais face à des défenses d'un autre calibre, cette efficacité-là pourrait nous rendre de grands services. Buteur et passeur, on espère une progression constante pour notre magicien.

Belloumi — 7

Une première sortie intéressante pour l'ailier de Hull City, qui a confirmé sur la pelouse de Tizi Ouzou ce qu'il montre depuis le début de saison en Premier League. Il a étalé sa palette technique, avec notamment ce superbe contrôle orienté à la première période qui a rappelé la maîtrise d'un Mahrez — l'héritage du padre Lakhdar n'est pas loin. Deux tentatives au but sans trouver le cadre de la réussite, mais une prestation remarquée : il gagne des points dans la course au couloir droit. Il faut néanmoins reconnaître que Hadj Moussa, qui l'a remplacé à la deuxième période, a été un ton au-dessus : à peine entré, il a mis la défense zambienne au supplice par ses prises de balle et sa percussion, et il a couronné son entrée d'un but. Dans la hiérarchie du couloir, l'avantage reste au joueur de Feyenoord — mais Belloumi vient de réduire l'écart.

Amoura — 7

Le détonateur des soirs de victoire. Une entame idéale avec cette passe décisive pour Hadjam après 90 secondes, puis la récidive à la deuxième période en servant Maza pour le 2-1 : deux offrandes qui pèsent lourd dans les trois points. Sa vitesse a encore fait des dégâts sur plusieurs séquences, obligeant la défense zambienne à reculer dès qu'il prenait la profondeur. Mais l'attaquant de Nice a aussi vendangé de bons ballons, entre précipitation et manque de précision — à l'image de ce caviar de Maza gâché — et il doit intégrer une vérité du très haut niveau : l'accélération ouvre les portes, elle ne suffit pas à faire la différence. Match correct, avec l'essentiel : il a été décisif deux fois.

Gouiri — non noté

Sorti prématurément sur blessure, trop tôt pour être jugé. On lui souhaite un prompt rétablissement.

Chiakha — 5

Une entrée timide. Lancé dans le grand bain après la sortie sur blessure de Gouiri, le jeune avant-centre formé à Copenhague n'a pas beaucoup pesé sur la défense zambienne. On lui reconnaît un vrai sens du placement, cette lecture des espaces qui fait les attaquants de pointe modernes. Mais il doit comprendre une chose : pour s'imposer en Afrique, le talent ne suffit pas, il faut de la hargne, du duel, de l'agressivité dans les surfaces — et on le voit mal, à ce jour, exister dans un déplacement continental hostile avec ce niveau d'engagement. Un but l'aurait aidé à libérer sa confiance ; il n'est pas venu, et il n'a pas fait oublier Gouiri. Au point qu'on se demande si un Boulbina en pointe n'aurait pas été un meilleur pari au coup d'envoi de la seconde période.

Les autres remplaçants

**Hadj Moussa** — La meilleure entrée de la soirée, récompensée par le but du 3-1. À peine lancé, l'ailier de Feyenoord a donné le tournis à la défense zambienne sur son flanc droit, enchaînant les prises de balle qui déséquilibrent. Un message clair envoyé dans la course au couloir droit.

**Boulbina** — Entré à la place d'Amoura, il a tout de suite montré davantage de maîtrise technique dans l'élimination de son vis-à-vis. On lui reprochera de disparaître par séquences : à lui de répéter les efforts et les prises de risque, car c'est la percussion répétée qui fait plier une défense, pas l'éclair isolé. Son influence sur le 3-1 résume son potentiel : superbe travail sur le flanc gauche avant de servir Maza en face-à-face — raté, mais le meneur se reprend sur le second ballon et talonne pour Hadj Moussa. De quoi nourrir le débat qu'on assume : et si sa place était en pointe ?

**Abdelli** — Entré pour Zorgane, il a semblé plus à l'aise techniquement que son prédécesseur, sans qu'on voie pour autant une vraie différence d'apport dans le jeu. Et il y a cette silhouette qui interpelle : le milieu s'est visiblement épaissi, et ce n'est pas acceptable pour un joueur qui porte le maillot de l'OM. Le talent ne dispense pas d'hygiène de haut niveau.

**Abada** — Entré à la place de Redouani, il est allé directement au contact pour éteindre les offensives zambiennes, avec des interventions qui ont semblé plus maîtrisées que celles de son prédécesseur. On connaît ses armes : la vitesse, et ce timing dans les interventions sur les attaquants adverses.

Une chose est certaine : entre la révélation Chergui, l'influence grandissante de Maza et une pointe de l'attaque qui cherche son propriétaire, Hemdani a récolté à Tizi Ouzou autant de réponses que de questions. Le jour où ce onze aura trouvé son avant-centre, on reparlera de cette soirée comme du point de départ. Prochain élément de réponse mardi, à Bujumbura, face au Burundi.

*Sources : beIN Sports, La Gazette du Fennec, Foot Africa.*

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