Hadj Redjem démissionne, Sonatrach le retient
Le président du MCA a remis sa démission en pleine tempête du mercato, sur fond de dossier Belaïli. Sonatrach a dit non. Un scénario que le Doyen connaît par cœur.
Le champion d'Algérie traverse son été le plus agité. Hakim Hadj Redjem, président du conseil d'administration du MC Alger, a remis sa démission en pleine intersaison. Réponse de Sonatrach, propriétaire du club : refus, soutien réaffirmé, et prière de poursuivre la mission. Un scénario que les Chnaoua connaissent par cœur, puisque c'est au moins la troisième fois que leur président tente de partir depuis l'été 2024. À chaque fois, la compagnie pétrolière l'a retenu. À chaque fois, le feu couvait encore.
Le dossier Belaïli, détonateur d'une crise annoncée
L'élément déclencheur porte un nom familier. Selon Compétition, le refus de Youcef Belaïli de parapher son contrat avant le verdict du TAS sur sa suspension a plongé le Doyen dans une crise ouverte. La direction avait pourtant accepté l'ensemble des exigences financières de l'entourage du joueur lors d'une réunion à Saint-Michel, persuadée de boucler l'affaire. Le scénario a basculé au moment de signer, sous la pression de la concurrence du MC Oran et de l'Espérance de Tunis. La colère des ultras, exprimée bruyamment jusqu'à Zéralda, a fait le reste. Et soyons francs : l'histoire se répète au détail près, puisque c'est déjà une affaire Belaïli qui avait poussé Hadj Redjem vers la sortie en juillet 2024.
Un président champion, mais un club sous tension permanente
Le paradoxe interroge. Sous la présidence de Hadj Redjem, le Mouloudia a enchaîné les titres de champion, retrouvé les quarts de finale de la Ligue des champions africaine et bouclé la saison avec 65 points, loin devant la concurrence. Sur le papier, le bilan sportif est le meilleur du football algérien. Mais un club ne se gère pas qu'au classement : recrutement jugé trop lent par la galerie, feuilleton Ounas et son exigence salariale à six chiffres, dossier Belaïli enlisé, supporters qui campent devant les domiciles. Un président qui gagne des titres et démissionne trois fois raconte un système, pas un homme.
Sonatrach, l'actionnaire qui refuse tout, même les départs
Le refus de la démission suit une logique institutionnelle : à quelques semaines d'une saison à plusieurs fronts, dont la Ligue des champions africaine, décapiter le club serait un pari insensé. Mais retenir un dirigeant à bout ne règle rien. Une chose est certaine : on ne dirige pas le plus grand club populaire d'Algérie avec une lettre de démission dans le tiroir. Soit Sonatrach donne à son président les moyens et la protection pour travailler sereinement, soit elle prépare une succession ordonnée. L'entre-deux actuel fabrique de l'instabilité en continu.
Le vestiaire attend des réponses, pas des communiqués
Pendant que la gouvernance tangue, l'équipe doit préparer la défense de son titre et une campagne continentale où le Doyen vise enfin cette deuxième étoile africaine qui obsède tout Bab El Oued, jusqu'aux cafés de la diaspora à Marseille et Montréal. Les joueurs ont besoin de savoir qui décide, qui recrute et qui tranche le dossier Belaïli. Le jour où le MCA offrira à son président la même stabilité qu'à son effectif, il deviendra réellement le grand club africain qu'il prétend être. En attendant, le fauteuil le plus convoité d'Alger reste aussi le plus inconfortable.
*Source : Compétition*
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