Belaïli au MCO : Oran retient son souffle
Une réunion lundi soir, aucune signature, et une suspension FIFA en suspens : le dossier Youcef Belaïli au Mouloudia d'Oran tient la ville en haleine.
À Oran, une rumeur suffit à faire vibrer une ville entière. Depuis lundi soir et la réunion entre les dirigeants du Mouloudia et Youcef Belaïli, accompagné de son père, les réseaux se sont emballés : l'enfant du pays signerait au MCO. La réalité est plus prudente. Aucun contrat n'a été paraphé, les discussions financières restent ouvertes, et le joueur a posé ses conditions. Le feuilleton ne fait que commencer.
Un dossier qui dépasse la simple négociation salariale
Ce transfert n'est pas un dossier ordinaire, et pas seulement à cause du prestige de l'attaquant. Belaïli fait actuellement l'objet d'une suspension d'un an prononcée par la FIFA, dans un litige l'opposant à l'AC Ajaccio et portant sur un document dont l'authenticité est contestée. Le joueur a introduit un recours devant le Tribunal arbitral du sport. Si la sanction est confirmée, il ne pourrait pas reprendre la compétition avant avril 2027. Autrement dit, un club qui signerait aujourd'hui achèterait une saison d'attente. Et soyons francs : peu de directions algériennes ont les moyens de payer un joueur pour patienter.
Le MCO, quatrième et sous pression
Il faut comprendre le contexte oranais. Les Hamraoua ont bouclé la saison à la quatrième place avec 49 points, une performance honorable mais insuffisante pour une galerie exigeante. Le mercato estival, jugé trop discret par une partie des supporters, a nourri la grogne. Dans ce climat, le nom de Belaïli agit comme un électrochoc. Un coup médiatique de cette ampleur ferait retomber la pression en une soirée. Mais construire une saison sur un coup de communication, c'est bâtir sur du sable.
Le poids affectif d'un retour au pays
On ne peut pas non plus réduire ce dossier à un calcul comptable. Belaïli est oranais, formé dans la ville, adulé bien au-delà du Mouloudia. Son football, fait de dribbles courts et d'accélérations imprévisibles, appartient à cette tradition technique algérienne qui va de Belloumi à Madjer. Pour la diaspora oranaise de France et du Canada, le voir porter le rouge et blanc à 34 ans aurait quelque chose d'un accomplissement, une boucle bouclée après les passages par la Tunisie, le Qatar, la Turquie et la France. Une chose est certaine : les émotions ne remplissent pas les caisses d'un club.
Ce qu'il faut surveiller dans les prochaines semaines
Le véritable calendrier de ce dossier n'est pas celui du mercato mais celui du TAS. Tant que la juridiction lausannoise n'aura pas tranché, toute annonce définitive relèverait de l'anticipation hasardeuse. Le MCO peut choisir d'attendre, de sécuriser une promesse d'engagement conditionnée à la levée de la suspension, ou de renoncer. Belaïli, lui, doit arbitrer entre le cœur et une carrière qui n'a plus les mêmes marges qu'à vingt ans. Le jour où il signera à Oran, la ville s'arrêtera de respirer. Encore faut-il que la FIFA lui rende son terrain.
*Source : Compétition*
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