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MONDIAL 2026

Mondial 2026 : ces nations bloquées avant même le coup d'envoi

Iran sans visas, RDC en quarantaine 21 jours, supporters africains piégés par des cautions de 15 000 dollars : enquête sur le scandale silencieux du Mondial américain.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··8 min·👁 4587565 vues
Mondial 2026 : ces nations bloquées avant même le coup d'envoi

C'est le scandale silencieux du Mondial 2026. À quelques jours du coup d'envoi de la grande aventure américaine, plusieurs sélections qualifiées vivent un parcours du combattant pour simplement poser le pied sur le sol des États-Unis. Visas refusés, quarantaines imposées, cautions à 15 000 dollars, supporters interdits d'entrée : derrière le slogan « United 2026 » que martèle la FIFA, c'est une réalité bien moins reluisante qui se dessine. Et soyons francs : ce Mondial n'aura pas été le plus inclusif de l'histoire, et c'est un euphémisme.

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Oui, malgré les obstacles, la fête sera mondiale et belle
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La FIFA aurait dû agir plus fermement face aux décisions américaines
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Le constat est aussi simple que dérangeant. Plusieurs nations qualifiées, principalement africaines et iraniennes, ont dû surmonter des obstacles diplomatiques, sanitaires ou financiers que personne n'avait imaginés à la signature de la candidature États-Unis-Canada-Mexique en 2018. Tour d'horizon d'un dossier que les grands médias internationaux préfèrent traiter par touches discrètes.

L'Iran, ou la diplomatie du visa refusé

Le cas le plus emblématique reste celui de l'Iran. À deux jours de l'entrée en lice de la Team Melli, l'ambassade d'Iran en Turquie a dénoncé sur X, samedi dernier, un « plus haut niveau de traitement discriminatoire intentionnel » envers son pays. Quinze membres de l'encadrement de l'équipe nationale, dont des conseillers techniques et des entraîneurs adjoints, se sont vu refuser leur visa pour les États-Unis. Seuls quelques cadres ont reçu le précieux sésame, dont le sélectionneur Amir Ghalenoei.

La situation a pris une telle ampleur que l'Iran avait déjà boycotté le tirage au sort du Mondial à Washington en décembre 2025. La sélection a été contrainte de déplacer son camp de base de Tucson, dans l'Arizona, à Tijuana, au Mexique. Une humiliation diplomatique à peine voilée, sur fond de reprise des hostilités après les frappes israélo-américaines du 28 février 2026. Une chose est certaine : la Team Melli arrive aux États-Unis dans des conditions qu'aucune autre sélection n'aurait acceptées.

La RDC : la quarantaine au nom d'Ebola

Deuxième dossier brûlant : la République démocratique du Congo. Les Léopards, qualifiés pour leur premier Mondial depuis 1974 sous le nom du Zaïre, font face à une mesure sanitaire exceptionnelle. La Maison Blanche, sous la coordination d'Andrew Giuliani, responsable du Groupe de travail Mondial, a imposé à la sélection congolaise un isolement de 21 jours en Belgique avant de pouvoir entrer sur le territoire américain.

La raison invoquée : l'épidémie d'Ebola déclarée en RDC, avec 82 cas confirmés et sept décès recensés, et une alerte de l'OMS sur un risque « très élevé ». Les joueurs, le staff et la délégation officielle ont obtenu une exemption au décret migratoire, mais à condition d'observer cette quarantaine drastique. Pire encore : les supporters résidant en RDC sont, eux, totalement interdits d'entrée sur le sol américain. Le ministre congolais des Sports Didier Budimbu a tenté de minimiser, parlant de « rumeurs sans fondement ». La réalité de la bulle sanitaire est pourtant bien là, dans les protocoles précis transmis par Washington.

Le visa-bond programme : la caution à 15 000 dollars

Le troisième volet du scandale concerne les supporters africains. Mis en place par l'administration Trump en août 2025, le « Visa Bond Program » impose aux demandeurs de visa de cinquante pays une caution allant de 5 000 à 15 000 dollars, déposée individuellement, remboursable au retour. Cinq nations africaines qualifiées au Mondial sont concernées : l'Algérie, la Tunisie, le Cap-Vert, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Pour une famille de quatre personnes, ce sont jusqu'à 60 000 dollars à immobiliser sur un compte séquestre avant le voyage.

Le Maroc, lui, est absent de toutes les listes. Le co-organisateur du Mondial 2030 bénéficie même d'une réduction des délais de visa, ramenés de 10 mois à 2 mois selon Andrew Giuliani. Le 13 mai 2026, l'administration américaine a annoncé une exemption pour les détenteurs de billets FIFA Pass des pays concernés par la caution. Mais l'assouplissement reste limité : les supporters de la Côte d'Ivoire et du Sénégal restent soumis aux restrictions du décret migratoire toujours en vigueur, et le FIFA Pass ne permet pas de les contourner. Le jour où une Coupe du Monde se voudra réellement inclusive, on en reparlera.

Visas à entrée unique : le casse-tête multinational

Dernier obstacle, plus technique mais aux conséquences lourdes. Les États-Unis ont décidé de délivrer des visas à entrée unique pour certaines nationalités, au lieu des traditionnels visas à entrées multiples. Pour un Mondial qui se joue dans trois pays différents — USA, Canada, Mexique — l'aberration logistique saute aux yeux. Une équipe qui jouerait à Toronto, puis à Houston, puis à Mexico, devrait théoriquement re-demander un visa à chaque retour aux États-Unis.

Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, a lui-même reconnu les difficultés devant la Chambre des représentants : « Nous cherchons des moyens de doubler les équipes dans certaines de nos ambassades à travers le monde en raison des exigences en matière de visas. » Une admission qui en dit long sur le bricolage administratif imposé à un événement censé être préparé depuis des années.

Et maintenant ?

Le coup d'envoi du Mondial est imminent. Les nations concernées feront avec, comme toujours. L'Iran jouera en s'étant déplacé au Mexique. La RDC arrivera après trois semaines d'isolement en Belgique. Les supporters africains feront le voyage ou y renonceront, selon leurs moyens et leur patience face aux bureaucraties. Le football survivra à ces obstacles, comme il a survécu à d'autres. Mais la question reste posée : ce Mondial 2026 méritera-t-il un jour son slogan « United 2026 », ou restera-t-il dans l'histoire comme la Coupe du Monde des frontières fermées et des cautions à 15 000 dollars ? La diaspora algérienne, comme tant d'autres, n'oubliera pas ce qu'elle aura vécu cette année.

*Source : Radio-Canada, Al Jazeera, Reuters, Eurosport, TSA, Le360 Afrique, Maghreb Emergent*

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