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Sénégal-Maroc : Rabat tremble-t-il devant le TAS ?

Le Maroc a déposé son mémoire en défense le 11 mai. La décision finale sur la finale de la CAN 2025 approche, et le Sénégal pourrait bien récupérer le trophée.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef·publié le 17 mai 2026·5 min·👁 178542 vues
Sénégal-Maroc : Rabat tremble-t-il devant le TAS ?

L'affaire la plus suivie du football africain depuis des mois entre dans sa phase décisive. Le dossier Sénégal-Maroc déposé devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de Lausanne avance enfin, et chaque jour rapproche le moment où le verdict tombera. Ce lundi 11 mai 2026, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a transmis son mémoire en défense, en limite du délai accordé. Une étape capitale, après celle du recours sénégalais déposé le 25 mars. La grande question reste posée : qui sera officiellement déclaré champion de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 ? Et au royaume chérifien, les voix qui préparent à une décision défavorable se multiplient discrètement. Au TAS, le ballon ne sert plus à grand-chose. Seul le droit compte.

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Le Maroc, le TAS confirmera la décision de la CAF
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Un dépôt marocain en limite de délai

Reprenons la chronologie. Le 17 mars 2026, le Jury d'appel de la CAF avait décidé d'infliger une défaite par forfait au Sénégal après les incidents survenus en finale, et attribué le titre au Maroc sur le score administratif de 3-0. Le 25 mars, la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a saisi le TAS pour faire annuler cette décision. Le 20 avril, la FRMF et la CAF ont reçu la notification officielle du recours, avec un délai de vingt jours pour répondre.

La date butoir initiale du 10 mai (un dimanche) a été automatiquement reportée au lendemain, lundi 11 mai. C'est dans ces ultimes heures que le Maroc a déposé son mémoire de défense, comportant les arguments de la FRMF et plusieurs pièces relatives à l'organisation de la rencontre. Cette gestion en limite de délai a déjà été interprétée par certains observateurs comme un signe de tension dans le camp marocain. Une fédération sereine aurait, soutiennent-ils, déposé son dossier bien avant.

Le contenu de la défense marocaine

Selon les informations relayées par la presse, la FRMF s'appuie principalement sur deux axes : les rapports officiels établis après le match (qui décrivent la sortie du terrain des joueurs sénégalais comme un abandon de partie) et les règlements de la CAF applicables en cas d'interruption ou de désertion. Le Maroc estime que la sanction prononcée par la CAF est conforme aux textes, et demande au TAS de la confirmer.

De son côté, le Sénégal plaide une lecture différente. La FSF considère que les procédures disciplinaires n'ont pas été respectées, conteste la sanction de défaite par forfait, et estime que les circonstances qui ont mené aux incidents (notamment un penalty sifflé dans les dernières minutes) doivent être réévaluées par le tribunal arbitral. Les Lions de la Téranga rappellent qu'ils avaient pris l'avantage par un but tardif de Pape Gueye avant le renversement de situation. Une finale ne devrait pas avoir besoin d'arbitres en robe.

Des voix marocaines qui préparent l'opinion

Voici peut-être l'élément le plus significatif des dernières semaines. Au royaume chérifien, plusieurs voix proches du milieu sportif et journalistique commencent à préparer discrètement l'opinion publique à l'idée d'une décision défavorable au Maroc. Dans des analyses télévisées et des interventions sur les plateaux marocains, certains observateurs reconnus n'écartent plus le scénario d'un retournement complet, où le TAS pourrait annuler la décision de la CAF et redonner le trophée au Sénégal.

Le climat n'est plus à la confiance absolue. Le ton, du moins dans les analyses les plus mesurées, est devenu prudent, presque résigné dans certains cas. Et soyons francs : quand des médias d'un pays commencent à préparer leurs lecteurs à un échec, c'est rarement par excès de pessimisme. C'est souvent parce que des informations en coulisses laissent entrevoir cette issue. Pour les supporters algériens, qui suivent attentivement les déboires sportifs et juridiques du grand voisin, le suspense devient palpitant.

Et maintenant : l'attente de l'audience

Et maintenant ? Le TAS doit désormais analyser les mémoires des deux parties, fixer la date d'une éventuelle audience, et rendre sa décision finale. Aucun calendrier officiel n'a encore été communiqué. Vu la complexité du dossier (incidents, vidéos, témoignages, règlements), une audience contradictoire semble très probable, ce qui pourrait reporter le verdict à l'été 2026 voire plus tard. En attendant, le Maroc conserve officiellement le trophée mais le Sénégal garde sa version de la coupe, refusant de la rendre. Une situation diplomatique inédite.

L'enjeu dépasse largement le seul Sénégal-Maroc. C'est la crédibilité de la gouvernance sportive africaine qui est en jeu. Si le TAS valide la décision de la CAF, c'est l'autorité de la confédération qui sera renforcée. S'il l'annule, c'est tout le système de discipline et d'arbitrage africain qui sera remis en question. Une chose est certaine : le verdict viendra. Et il pèsera lourd sur le foot africain. Les Fennecs comme tous les autres peuples du continent attendent.

Une finale de CAN décidée par un tribunal arbitral à Lausanne plutôt que sur la pelouse : est-ce une fin acceptable pour le football africain, ou la signature d'un système qui doit se réformer ?

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