Aouar : 13 buts à Al-Ittihad, le déclic attendu en Algérie
Houssem Aouar enchaîne les performances décisives en Saudi Pro League. Mais avec les Fennecs, le rendement reste à la traîne. Pourquoi un tel écart ?
À chaque journée de Saudi Pro League, le même refrain. Houssem Aouar marque, Houssem Aouar offre, Houssem Aouar porte Al-Ittihad. Le milieu algérien vient encore d'inscrire son 13e but toutes compétitions confondues cette saison, ce week-end face à Damac, prolongeant une série de performances éclatantes en championnat saoudien. Le contraste avec ses prestations en sélection nationale est saisissant. Et il commence à interroger sérieusement les supporters des Fennecs, à quelques mois d'un Mondial 2026 qui n'attendra personne.
À Al-Ittihad, Aouar marche sur l'eau
Les chiffres sont éloquents. Buteur contre Al-Hilal en février, buteur et passeur décisif lors du déplacement victorieux à Al-Taawoun (0-2), encore buteur dans le match fou face à Neom SC en avril, sans oublier sa réalisation en Coupe du Roi face à Al-Nassr. La saison passée, l'ex-Lyonnais avait déjà été sacré champion d'Arabie saoudite avec 12 buts en championnat, devenant le milieu de terrain le plus prolifique de la Saudi Pro League 2024-2025. Une régularité chirurgicale. À Djeddah, Aouar marche sur l'eau.
Sous la houlette de ses différents entraîneurs aux Tigres, le natif de Lyon a trouvé une stabilité qu'il cherchait depuis ses premières années à l'OL. Replacé dans un rôle de relayeur axial avec liberté offensive, il enchaîne les arrivées dans la surface, les frappes lointaines et les passes tranchantes. Il est tout simplement l'un des milieux les plus décisifs du Golfe.
Le contraste devient gênant avec les Verts
Mais quand le maillot vert remplace celui rayé jaune et noir, quelque chose se grippe. Houssem Aouar apparaît plus discret, moins tranchant, parfois même fantomatique sur certains matchs des Fennecs. Le compteur de buts en sélection peine à se garnir, le rythme se fait haché, l'impact sur le jeu collectif moins évident. Le contraste, soyons francs, devient gênant.
Pourquoi ce décrochage ? Plusieurs explications cohabitent. Le système de jeu d'Al-Ittihad lui offre des libertés que la sélection, plus fermée tactiquement, ne lui propose pas toujours. La concurrence à son poste avec Ismaël Bennacer, Hicham Boudaoui ou Ramiz Zerrouki l'oblige aussi à des compromis sur le placement. Et puis, il y a la question du leadership : à Al-Ittihad, Aouar est un cadre incontesté ; en équipe d'Algérie, il reste un joueur parmi d'autres dans une hiérarchie encore mouvante.
Bennacer, Mahrez et la difficulté de s'imposer chez les Fennecs
L'Algérie n'a jamais manqué de talents au milieu. De Belloumi à Madjer, de Saïfi à Mahrez, le pays a toujours fabriqué des numéros 10 capables d'illuminer un match. Pour s'imposer dans cette lignée, il ne suffit pas d'être performant en club. Il faut transposer ce niveau en sélection, à un rythme international, dans des matchs souvent moins ouverts qu'en championnat. Le talent existe. Reste à l'exporter d'un fuseau horaire à l'autre.
La diaspora algérienne, qui suit avec attention chaque rassemblement depuis Paris, Bruxelles ou Montréal, le sent bien. Aouar a tout pour devenir un cadre des Verts, mais il doit franchir un palier mental autant que technique. Celui qui consiste à reproduire chez les Fennecs ce qu'il fait à Al-Ittihad : prendre des responsabilités, oser le geste décisif, exister dans les grands matchs.
Le Mondial 2026, le moment de vérité
Et maintenant ? Le calendrier ne ment pas. La Coupe du Monde 2026 approche, et Houssem Aouar doit en faire son objectif personnel. La sélection algérienne a besoin d'un milieu capable de faire la différence entre les lignes, de provoquer, de marquer. Le profil exact qu'il déploie chaque semaine en Saudi Pro League. Tout est là, sur le papier.
Les grands joueurs marquent l'histoire en sélection, pas seulement en championnat. Aouar a six mois pour se montrer à la hauteur de cette ambition. Six mois pour faire de son maillot vert le théâtre des mêmes éclats que son maillot d'Al-Ittihad. Une chose est certaine : le talent ne sera jamais l'excuse. Reste à savoir s'il saura, enfin, le faire parler quand les Fennecs auront le plus besoin de lui.
Faut-il vraiment compter sur Aouar comme cadre des Verts au Mondial 2026, ou Petković doit-il bâtir son milieu autour d'un autre profil ?
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